Wayne Shorter au Midem de Cannes, avant de recevoir une Victoire du Jazz en janvier 2003 (photo Robert YVON- reproduction interdite)

On a l’impression que certaines légendes sont immortelles.
La particularité du jazz, c’est qu’il n’y a pas de seniors, pas de retraite dans la musique. On a même l’impression que les «vieux lions » sont encore plus créateurs que du temps de leur jeunesse.

Wayne Shorter mort ? J’ose à peine y croire, tant on le voyait suivre sur les réseaux sociaux la nouvelle génération des musiciens, l’actualité ou poster des images avec ses amis Herbie Hancock, Danilo Perez, John Patitucci. Il venait même de créer un opéra avec Esperanza Spalding (Iphigenia) dont il était très fiers. On le voyait sur ses publications a la maison avec ses enfants et petits enfants, avec ses amis. Un « ami » des réseaux comme les autres, très actif sur l’actualité américaine si agitée.

Wayne Shorter : la force tranquille du jazz, ici à l’Opéra Garnier de Monte-Carlo (Photo Robert YVON- reproduction interdite)

Sa musique n’a cessé d’évoluer jusqu’à la fin, suivant la trace de son mentor de l’époque Miles Davis, et s’associant régulièrement avec son ami tout aussi créatif : Herbie Hancock.

Wayne est ici avec Herbie Hancock et Keith Jarrett à Juan-les-Pins en 1989 (Photo Robert YVON- reproduction interdite)


Alors oui ! Le monde du jazz est en deuil avec la disparition de Wayne. Parce qu’il a écrit à sa manière l’histoire du jazz moderne, créant son propre style.

Sa musique reste. Il lègue aux jeunes saxophonistes, notammen,t un héritage semblable à celui de Coltrane. Avec même encore plus de modernité dans ses créations.
Un souvenir de lui ? J’en ai tellement en tête pour l’avoir rencontré et interviewé une bonne dizaine de fois.
Alors je vais choisir ce moment exceptionnel à Cannes en janvier 2003, lors des premières Victoires du Jazz.
Wayne est l’invité d’honneur et reçoit un trophée pour l’ensemble de sa carrière.
Je vais à sa rencontre pour Nice Matin et rejoint l’un de ses meilleurs amis français : l’historien du jazz Michel Delorme.

Son dernier quartet avec Danilo Perez (Piano), John Patitucci (contrebasse) et Brian Blade (batterie) ici au Monte-Carlo Jazz Festival festival organisé par la SBM (Photo Robert YVON- reproduction interdite)


On va dans la suite de Wayne à l’hôtel. Il nous livre ses passions pourvu l’a science fiction, les planètes qui l’inspirent dans ses compositions. Il évoque ce quartet avec Danilo Perez, John Patitucci et Brian Blade. Et il nous offre à chacun un exemplaire hors commerce du CD Alegria.
Puis il nous demande de l’accompagner au Palais des Festivals de Cannes ou l’attend un pianiste Français : Martial Solal. On assiste aux répétition du titre qu’il vont interpréter en direct à la télévision. Un moment inoubliable.

Avec Marcus Miller pour un hommage à Miles Davis à Juan-les-Pins (Photo Robert YVON- reproduction interdite)

Les deux hommes sont très complices, échangeant en Anglais backstage des souvenirs de carrière, et de famille. Quand Wayne reçoit cette Victoire d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, il remercie le plublic français pour « sa fidélité » et son soutien.

Restent ensuite, tous ces souvenirs à Juan-Les-Pins avec son quartet (Danilo Perez au piano, John Patitucci à la contrebasse et Brian Blade à la batterie). Un peu comme pour Coltrane, une partie du public de « Jazz à Juan » n’a pas toujours su comprendre sa musique. Car Wayne était un créateur, et avait parfois ce sens de transformer ses propres compositions vers un jazz très contemporain. Il suffit d’écouter les dernières versions de « Footprints » pour le comprendre.

Robert YVON