BB King : toute une vie avec Lucille !

La dernière fois que j’ai vu B.B. King en concert, c’était à Juan-les-Pins, le 17 juillet 2011. Je me suis approché de lui à la sortie de son bus à l’arrivée du groupe en autobus. Je pensais que BB allait se rendre à l’hôtel en limousine. Eh bien non ! BB voyage avec son équipe technique et ses musiciens, et dors comme les autres « on the road ». Quand je l’ai croisé dans l’après-midi de son arrivée, il portait une casquette, et attendait son secrétaire pour s’asseoir sur une chaise roulante. Car BB était déjà très souffrant, limitant ses prestations et ses déplacement.
J’ai salué B.B qui a semblé me reconnaitre. Il m’a offert un large sourire, m’a laissé le photographier debout, puis est parti en chaise roulante prendre l’ascenseur avec son agent, pour l’accompagner dans sa chambre
Là, j’ai compris qu’il n’allait plus offrir deux heures de concerts de blues sans retenue dans la Pinède-Gould, et s’économiser.
« A chaque riff de guitare, on sentait la souffrance »
Je n’avais pas tort. Le soir, sur scène, B.B. a quitté sa chaise roulante, a marché jusqu’au devant de la scène à la rencontre de ses musiciens, s’est assis, et a eu beaucoup de mal à installer le cordon de Lucille (sa guitare Gibson noire ) sur son épaule.
B.B. m’ a fait pleurer, ce soir là, parce qu’à chaque riff de guitare, on sentait la souffrance, l’émotion, l’envie de ne pas louper une note de « The thrill is gone » ou de « Rock me baby »…
Il a beaucoup parlé au public, plus qu’il n’a joué, a donné comme toujours aux spectateurs du premier rang ses médiators et autres pin’s collector …Puis il a quitté la scène en boitant, un chapeau melon sur la tête.
B.B. est venu saluer deux fois ses fans d’Antibes, cette année là, comme pour lui dire adieu ! C’est aussi l’année ou Lucille s’est cassée une corde, contraignant les musiciens de B.B. a jouer quelques minutes à sa place, et B.B. a changé, tranquillement, la corde manquante sur place.
Cimiez, Nice, Juan-les-Pins
J’ai eu la chance de l’interviewer à plusieurs reprises lors de ses venues à Juan-les-Pins. Il avait fait une « infidélité » à Nice pour signer cinq années de concerts exclusifs avec Jazz à Juan grâce à Simone Ginibre.
BB King a toujours été ,avec le trompettiste Dizzy Gillespie dans les années 1975 à 1993, une des icones incontournables de « La Grande Parade du Jazz de Cimiez ».
Lorsque ce festival s’est terminé, pour faire place au Nice Jazz Festival, Simone Ginibre a offert B.B. King sur un plateau à Jazz à Juan.
« Un monument capable de jouer pendant plusieurs heures »
Le guitariste chanteur était, à plus de 70 ans, un monument capable de jouer et chanter pendant plusieurs heures. Ma chance, c’est de l’avoir vu jammer avec Jimmy Johnson, Luther Allison, Junior Wells, Marva Wright , le jeune Johnny Lang ou Lizz Mc Comb.
Mon plus grand regret sur ces années là, c’est d’avoir eu une panne d’appareil photo, lorsque B.B. a accueilli en coulisse Diana Krall à Juan, ou Buddy Guy invité à un autre festival de blues à Saint-Laurent du Var.

Burger et Coca-Cola avec le King à Juan-les-Pins
Mon plus grand plaisir, c’est d’avoir partagé (je vous jure que c’est vrai !) un burger et un Coca-Cola avec le « King » dans un bistrot de Juan-les-Pins situé face à l’hôtel Garden Beach. J’ai vu aussi B.B. à plusieurs reprises à la Grande Parade du Jazz de Nice. On pouvait le saluer et le croiser dans le restaurant en plein air New Orleans des jardins de Cimiez.
Il prenait un malin plaisir à se mêler à la foule pour aller écouter des concerts de jazz aux Arênes.
B.B. était toujours disponible pour signer des autographes, et donnait entre trois et cinq concerts dans ce festival niçois
« Sa guitare est désormais orpheline »
C’était la grande époque ou B.B. Était avec Dizzy, le symbole de ce festival. B.B. venait y passer des vacances, plus que de s’y produire

Mais chacun de ses concerts était une véritable messe du blues. Même si son ultime concert à Juan ne restera pas gravé dans l’Histoire, cette sonorité de guitare et sa voix va encore inspirer bon nombre d’artistes. D’ailleurs, si vous avez envie de vous prendre un peu pour B.B, c’est toujours possible. Sa signature chez Gibson et Epiphone reste un « must » pour les amateurs de six cordes électriques…
Lucille est en effet orpheline de B.B., mais sa guitare est presque plus mythique que le « King ». Et le modèle est toujours commercialisé. resté commercialisé. Vous pouvez en effet vous offrir une « copie » de Lucille en version Gibson (« Lucille Legacy ») pour environ 6899 euros. Plus abordable, la version Epiphone (Ebony guitare) vous coûtera la modique somme de 690 euros à 900 euros. A vous ensuite de tenter de retrouver le son de BB.
BOB
