Une robe d’or pour une voix d’or

Après Nice l’année dernière, Samara Joy chanteuse de jazz auréolée de prix, de Grammys et autres récompenses foule la Pinède Gould pour la première fois.

La même scène a vu passer Ella, Sarah et les plus grandes avant elle. Samara joue de sa voix pour l’ouverture de jazz à Juan, en robe longue dorée avec un trio de jeunes jazzmen.  Plus de 2500 personnes sont là pour l’écouter. Certains la découvrent.

Un échantillon de près d’une heure de swing (Benny Carter), standards (un sublime Stardust dans les aiguës ), une réécriture du Nostalgia de Fats Navarro et une voix de diva : Samara a tout d’une grande.

« Je pense que quelqu’un s’est invitée » , dit elle, piquée par un moustique en plein concert.

Ella Fitzgerald avait eu le chant des cigales dans les années 60 creant sa « Cricket song », Samara-elle- joue avec les moustiques, et se fait même piquer en plein concert…Eh oui ! On est bien à Jazz à Juan ou l’Histoire se mélange au présent. Le fantôme de Sassy rôde dans la Pinède, pour saluer cette digne héritière.

Samara a même improvisé autour de son ami moustique avant d’enchainer sur des thèmes de Monk (« round Midnight »), Charles Mingus (« I love Birds »).

En 1981, j’étais dans la Pinède pour écouter Sarah dans un contexte de vent. Cette fois c’est Samara qui décoiffe avec une voix sortie d’un club des années 50. Incroyablement divine.

Puis la jeune divine, pas diva pour un sou remercie le public de Juan, promettant de dédicacer son disque quelque part dans la Pinède. « Linger Awhile », c’est son titre. Retour des cigales dans la Pinède. Sans doute ont elles compris que Samara, c’était aussi un peu comme Ella.

Une grande chanteuse de jazz. Les amis, l’avenir de cette musique est assuré. Merci à Juan où elle invite le public a la rencontrer dimanche à la plage avec un thème de Stevie Wonder en fond musical qu’elle réécrit à sa manière. Le public l’ovationne, en redemande. « Je peux rester un peu », dit-elle. Un rappel sans sortie de scène. Ce qui est plutôt rare ici.

Après l’entr’acte on attend Dee Dee Bridgewater. Une autre grande dame du jazz, qui a su voir en Samara la trace d’un avenir serein.